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Full text of "Notes d'un voyage en Afrique occidentale: de la Casamance en Guinées par le Fouta Diallo ..."

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HOOVER INSTITUTION 
on War, Révolution, and Peace 



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NOTES D'UN VOYAGE 



AFRIQUE OCCIDENTALE 



DU MÊME AUTEUR 



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CARTE DU SOUDAN FRANÇAIS 

SENEGAL — SOUDAN^ GUINÉES— DAHOMEY— TOUBOUCTOU 

Librairie LE SOUDIER, boulevard Saint-Ghsrmain, Paris 

Fris : 1 Franc. 



CARTE DE L'AFRIOUE OCCIDENTALE 



AU 



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Avec cartons du Haut-Niger, dos Iles Tristao, de Kadé et ses environs 

des Peuples des Gainées. 

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LE CONTINENT NOIR 

AFRIQUE OCCIDENTALE : 

Casamance — Guinée portugaise — Guinée française — Fouta Diallo 

Fort volume in4* avec cartes, pLius et gravures. 




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CL. MADROLLE 



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NOTES 



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AFRIQUE OCCIDENTALE 



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DE LÀ CASAMÀNCE EN GUINÉES 

par le Fouta DIalIo 



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CONFÉRENCE FAITE A LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE COMMERCIALE 

En Novembre j8çj 

SOUS LA Présidence d'honneur de M. ETIENNE, députiî 



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M. CRAVOISIER, Préttident de SecUon. 



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PARIS 

LIBRAIRIE H. LE SOUDIER 

I74j boulevard Saint-Germain, 174 

1894 



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DE LA CASAMANCE EN GUINÉES 

par le Fouta Diallo 



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CONFÉRENCE FAITE A LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE COMMERCIALE 

En Novembre j8çj 

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SOUS LA Présidence d'honneur de M. ETIENNE, député 



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M. CRAVOISIER, Président de Seetion. 



PARIS 

LIBRAIRIE H. LE SOUDIER 

174, boulevard Saint-Germain, 174 

1894 



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LES RIVIÈRES DU SUD 



Embarqué à Bordeaux en novembre 1892, je me trou- 
vais huit jours après au Sénégal, à un moment ou la tempé- 
rature n'était pas trop suffocante pour un Français des rives 
de la Seine. 

Le Sénégal et la Gambie sont trop connus pour que j'en 
parle à cette heure et je dois me réserver pour les régions 
qu'on appelle, au Sénégal « Les Rivières du Sud », et qui 
comprennent : la Casamance, les Guinées portugaise et 
française avec leur hinterland. 

Depuis la rive gauche de la Casamance jusqu'à Sierra- 
Leone, j'ai relevé treize races formant cinquante-quatre 
pays, ayant une organisation politique particulière et se 
composant souvent de l'émigration de plusieurs peuples. 

Parmi les races, huit sont fétichistes, quatre sont féti- 
chistes et musulmanes et une seule entièrement attachée 
aux préceptes du Coran. 

Malgré le peu de peuples convertis à l'Islam, le culte 
musulman est de beaucoup le plus nombreux. 

Il possède 600,000 adeptes. Les païens, au contraire, 
sont en petit nombre avec 160,000 individus adorateurs des 
astres, des bois sacrés et des animaux. 

I^es régions que j'ai pu parcourir ont, à peu près, une 
population de 760,000 individus vivant, les uns sur les hau- 
teurs, les autres dans les nombreux marécages du littoral. 

Les embouchures des fleuves sont coupées de canaux 
que l'on appelle marigots. 

La côte est malsaine sauf dans les îles distantes du litto- 
ral. 



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- 8 — 

Dans rintërieur le climat est plus sain. 

Le pays s'élève très sensiblement de la côte vers les 
sources, et ce n'est qu'au Fouta-Diallo que Ton rencontre 
de véritables montagnes dont plusieurs atteignent près de 
2,000 mètres. 



EN CASAMANCE & AU CACHÉO 



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Après une excursion, en décembre, dans la basse rivière, 
je remontai la Casamance jusqu'au Firdou où Moussa-Molo 
est le maître du pays. 

Issu d'une famille esclave des Foulalis, il a succédé a 
son père, roi du Firdou ou Fouladougou, et s'est maintenu 
sur ce pays comme chef incontesté. 

J'aborde au village de Diana Malary. 

Les indigènes s'assemblent bientôt autour de moi et, 
BOUS la case que j'occupe, ils viennent discuter ma venue. 
Au milieu d'une conversation animée, j'entends tout h coup 
quelques mots de français : « parfaitement » est une des 
expressions les plus courantes. 

Les Ouolofs et les Mandingues, n'ayant pas d'adverbes 
à leur disposition, sont venus en emprunter à notre langue ; 
quelques mots français s'exportent ainsi à l'intérieur par 
les commerçants indigènes qui ont l'habitude de fréquen- 
ter nos comptoirs. 

Les rives de la Casamance sont splendides mais la navi- 
gation y est très difficile dans son cours moyen et supé- 
rieur. 

Diana-Malary est le débarcadère de Diana, ville impor- 
tante située k 4 kilomètres de la rivière et où se trouve une 
mosquée renommée qui fait de Diana une ville sainte. 

En descendant la rivière, T embarcation laisse sur la 
gauche la ville sainte de Karantaba. 



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— 9 — 

Les fervents marabouts accourent de la Casamance y 
prier Mahomet et un grand nombre de Talihés^ ou élèves- 
marabouts, y viennent faire leurs études. 

Les Talibés sont, en général, de jeunes garçons qui se 
mettent au service d'un marabout en renom et deviennent 
ses domestiques et les cultivateurs de ses biens. Ils men- 
dient pour lui et vont chercher auprès des fidèles la nourri- 
ture qui manque à leur vénéré maître. 

En écliange de toutes ces courtoisies, le marabout leur 
enseigne à lire le Coran et à écrire l'arabe sur des plan- 
chettes. 

Avant de devenir marabouts, les Talibés passent des 
examens et ont droit alors à des distinctions honorifiques. 
Le premier échelon du grade universitaire est le titre ô!A ?•- 
'phan avec le droit de porter le bonnet bleu. 

Ce grade est le plus ordinairement donné. 

Pour parvenir à celui de f ode, avec la coiffure rouge, il 
faut, de la part des marabouts, une piété et un savoir 
incontestés. 

Ils sont alors très recherchés et deviennent souvent, 
s'ils sont intelligents, des prophètes guerriers comme il y 
en a eu tant dans le Soudan françai.^. 

Karantaba, quoique décime de sa grandeur passée, est 
cependant restée la ville intellectuelle de la Haute-Casa- 
mance et sa bibliothèque est renommée pour le nombre de 
ses manuscrits sacrés. 

Tout en continuant notre descente, nos noirs agrémen- 
tent la traversée de quelques fantaisistes récits. Quelques- 
uns m'ont paru remplis d'intérêt : 

Il existe en Casamance un oiseau vénéré des indigènes 
que Ton nomme le Koulandian. 

Lors de la formation du monde, Jupiter créa, en un 
jour, toutes les classes d'oiseaux et donna à chacun un cri 
différent. 

Le Koulandian, caché sous les foudres du grand- 
maître, attendait toujours patiemment qu'on l'appelât. 



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— 10 - 

Enfin, désespéré, il osa se montrez' et réclamer à 
Jupiter. 

Celui-ci, fatigué de sa journée, ne voulut pas le rece- 
voir, mais comme Toiseau insistait, le dieu tout-puissant 
lui dit : 

« Va sur terre, et le premier cri que tu entendras sera 
le tien ». Après avoir erré pendant quelques jours le Kou- 
landian rencontra une femme qui, ayant perdu son mari, 
venait de se remarier et criait : « Ké-Ké-man-Kéli » (Tous 
les hommes ne sont pas semblables). 

Ce fut son cxî. 

En Afrique, les noirs ont un culte pour les oiseaux et 
a plusiem-s sont attachées des fables assez curieuses. 

La famine ayant sévi sur les bords de la Gambie les 

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indigènes, après avoir beaucoup prié, et ne sachant à quel 
dieu se vouer, rencontrèrent un jour un oiseau, probable- 
ment envoyé des cieux, qui les conduisit dans son nid : là, 
les noix's trouvèrent une très grande quantité de mil qui 
leur servit, non seulement à ensemencer mais encore à se 
nourrir jusqu'à la récolte prochaine. 

Les histoires de ce genre sont nombreuses ; mais reve- 
nons à notre Casamance. 

Le cours supérieur du fleuve est peuplé de Mandin- 
gués, Sedhiou est une de leurs villes principales. C'est la 
x'ésidcnce de l'administrateur français de la Haute-Casa- 
mance et un poste militaire important tient en respect les 
différents peuples do la rivière. 

Les rues de Sedhiou sont bien tracées et de très beaux 
arbres en font des promenades agréables. Les propriétés 
sont séparées par des haies de thé de Gambie dont le goût 
rappelle celui de la camomille. 

Sedhiou possède dans ses jardins un fort beau/romane?', 
arbre gigantesque à cinq faces dont le pourtour mesure 
25 mètres. 

Sedhiou a été occupé en 1837 par les Français, mais les 







— rr-nirrrirhJ i l! 



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— là — 

annoncent le passage d'un inconnu, ou l'approche d'une 
chose pouvant exciter Tinter et des noirs ou leur méfiance. 

Enfin, nous apercevons les premières maisons, cachées 
dans les bois, et que nous n'aurions pas découvertes sans 
les appels des indigènes. Nous pénétrons dans le village 
par des ruelles des plus propres et des plus pittoresques et 
parvenons sur la place de la résidence du chef. 

Déjà quelques groupes de lolas se sont formés pour 
connaître le motif de ces sifflements ; k notre vue chacun 
reste un instant ébahi. Cependant la glace (dans ces pays 
chauds) est vite rompue et chacun nous tend la main, tandis 
que le tamtam résonne et que de toutes parts on entend : 
« les Franzissails (França-is) sont anîvés ». 

Soummoudoua, chef du village, accourt vers nous et nous 
palabrons : « Comment va ton dieu ?... (car les lolas sont 
fétichistes)... As-tu fait bon voyage?... Comment te 
portes-tu ?... D'où viens-tu?... Comment vont tes parents 
et les amis que tu viens de quitter ». 

Ce sont les commencements de salamaleks intermina- 
bles, qui, sans l'intervention d'un estomac avide, nous 
auraient retenus jusqu'à minuit. 

Le chef, heureux d'une pareille visite — deux blancs, 
sans doute des personnages importants des pays d'Eu- 
rope, — reste un moment en vénération devant nous et 
envoie ses sujets à la recherche d'un logement. 

Guimbéring est un fort village composé d'autant de 
réduits qu'il y a de familles. 

Au centre d'un terrain se trouve la cour ; on y fait un 
grand trou pour prendre la terre qui doit servir à cons- 
truire les murailles qui limiteront la propriété. 

Puis on y élève une quantité de maisons dont les jours 
sont sur cour. La porte d'entrée dans ces espèces de forte- 
resses est basse et difficile ; cependant les demeures quoi- 
que étroites sont fort agréables, car comme elles sont en 
terre, la fraîcheur s'y maintient longtemps. 

Notre appétit s' étant fait sentir nous faisons préparer 



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— 11 — 

un modeste repas. Deux boîtes de conserves nous servent 
d'assiettes, tandis qu'une troisième est réservée au déli- 
cieux vin de palme. 

Sa Majesté Soummoudoua vint nous présenter ses hom- 
maj^es et nous offrit notre cadeau du jour de l'an : un 
régime de bananes ! . . . Quel délice ! . . . 

Ce dessert vivement absorbé nous nous rendons à une 
invitation à la danse. < 

En effet, le chef de Guimbéring, comme tous ses 
sujets du reste, aime la danse et le tamtam, et il est heu- 
reux de nous présenter ses meilleurs artistes. 

Vieillards et vieilles femmes, jeunes gens et jeunes filles 
sont de la partie. Le tamtam, sorte de tambour, est composé 
d'un tronc d'arbre évidé et recouvert d'une peau de bœuf 
sur laquelle un robuste gaillard s'échine à taper en cadence. 

Le bruit est quelque peu assourdissant, mais devant le 
joli minois de ces dames que ne saurait-on supporter? 

Entre temps les danseurs et danseuses viennent nous 
présenter leurs salutations avec leur éternel « Saffi » 
(bonjour). 

La soirée est (quelque peu chaude, aussi songeons-nous 
à satisfaire nos tableaux vivants : un baril d'alcool est 
aussitôt apporté sur la place. La foule, plus que satisfaite, 
vient nous remercier de l'excellente idée que nous venons 
d'avoir : le chef, en tête de la délégation, vient s'asseoir à 
nos côtés, tandis que pendant le ballet chaque artiste passe 
devant nous pour nous saluer. 

Cependant minuit ont sonné deimis bien longtemps : 
suffisamment fatigués, nous rentrons dans notre case : une 
peau de bœuf pour deux et deux modestes couvertures 
sont notre apanage. 

Nous reposons sur le cimetière de la maison : le sable 
encore frais nous indique qu'un parent du propriétaire a 
été enteiTé ces jours-ci sous notre tête... 

Dès l'aurore nous sommes sur pied pour faire nos pré- 
paratifs de chasse. 












X 






-- 13 — 

annoncent le passage d'un inconnu, ou l'approche d'une 
choï«e pouvant exciter l'intérêt des noirs ou leur méfiance. 

Enfin, nous apercevons les premières maisons, cachées 
dans les bois, et que nous n'aurions pas découvertes sans 
les appels des indigènes. Nous pénétrons dans le village 
par des ruelles des plus propres et des plus pittoresques et 
parvenons sur la place de la résidence du chef. 

Déjîi quelques groupes de lolas se sont formés pour 
connaître le motif de ces sifflements ; a notre vue chacun 
reste un instant ébahi. Cependant la glace (dans ces pays 
chauds) est vite rompue et chacun nous tend la main, tandis 
que le tamtam résonne et que de toutes parts on entend : 
« les Franzissails (Français) sont arrivés ». 

. Soummoudoua, chef du village, accourt vers nous et nous 
palabrons : « Comment va ton dieu ?... (car les lolas sont 
fétichistes)... As-tu fait bon voyage?... Comment te 
portes-tu ?... D'où viens-tu?... Comment vont tes parents 
et les amis que tu viens de quitter ». 

Ce sont les commencements de salamaleks intermina- 
bles, qui, sans l'intervention d'un estomac avide, nous 
auraient retenus jusqu'à minuit. 

Le clief , heureux d'une pareille visite — deux blancs, 
sans doute des personnages importants des pays d'Eu- 
rope, — reste un moment en vénération devant nous et 
envoie ses sujets h la recherche d'un logement. 

Guimbériug est un fort village composé d'autant de 
réduits qu'il y a de familles. 

Au centre d'un terrain se trouve la cour ; on y fait un 
grand trou pour prendre la terre qui doit servir h cons- 
truire les murailles qui limiteront la propriété. 

Puis on y élève une quantité de maisons dont les jours 
sont sm* cour. La porte d'entrée dans ces espèces de forte- 
resses est basse et difficile ; cependant les demeures quoi- 
que étroites sont fort agréables, car comme elles sont en 
terre, la fi-aîcheur s'y maintient longtemps. 

Notre appétit s'étant fait sentu' nous faisons préparer 



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un modeste repas. Deux boîtes de conserves nous servent 
d'assiettes, tandis qu'une troisième est r(5servée au déli- 
cieux vin de palme. 

Sa Majesté Soummoudoua vint nous présenter ses hom- 
mages et nous offrit notre cadeau du jour de Tan : un 
régime de bananes ! . . . Quel délice ! . . . 

Ce dessert vivement absorbé nous nous rendons Ji une 
invitation à la danse. 

En effet, le chef de Guimbéring, comme tous ses 
sujets du reste, aime la danse et le tamtam, et il est heu- 
reux de nous présenter ses meilleurs artistes. 

Vieillards et vieilles femmes, jeunes gens et jeunes filles 
sont de la partie. Le tamtam, sorte de tambour, est composé 
d'un tronc d'arbre évidé et recouvert d'une peau de bœuf 
sur laquelle un rolmste gaillard s'échine a taper en cadence. 

Le bruit est quelque peu assourdissant, mais devant le 
joli minois de ces dames que ne saurait-on supporter? 

Entre temps les danseurs et danseuses viennent nous 
présenter leurs salutations avec leur éternel « Saffi » 
(bonjour). 

La soirée est quelque peu cliaude, aussi sougeons-nous 
à satisfaire nos tableaux vivants : un baril d'alcool est 
aussitôt apporté sur la place. La foule, plus que satisfaite, 
vient nous remercier de l'excellente idée que nous venons 
d'avoir : le dief, en tête de la délégation, vient s'asseoir k 
nos côtés, tandis que pendant le ballet chaque artiste passe 
devant nous pour nous saluer. 

Cependant minuit ont sonné depuis bien longtemps : 
suffisamment fatigués, nous rentrons dans notre case : une 
peau de bœuf pour deux et deux modestes couvertures 
sont notre apanage. 

Nous reposons sm* le cimetière de la maison : le sable 
encore frais nous indique qu'un parent du propriétaire a 
été enterré ces jours-ci sous notre tête... 

Dès l'aurore nous sommes sur pied pour faire nos pré- 
paratifs de chasse. 



— 15 — 

A notre sortie quelques habitants sont déjà debout, les 
« Saffi » et les poignées de mains recommencent. Une foule 
nous suit dans les bois, épiant nos moindres mouvements, 
admirant notre manière de viser, et, surtout, la bonne 
fortune qui nous vient en aide ce matin-là. 

De retour au village nous sommes reçus par Soummou- 
doua qui a fait préparer un léger repas de bananes et de 
vin de palme, et le tamtam recommence. 

Quel peuple heureux ! sans souci du lendemain, les 
lolas vivent tous satisfaits dans un pays délicieux ; pas 
d'impôts à payer en nature ou en espèces ou par le sang... 
le tamtam, la danse, le vin de palme... voilà leur bon- 
heur.. Des animaux en quantité, des fruits à foison... et 
nous sommes parfois à les plaindre, parce qu'ils sont féti- 
chistes, parce qu'ils ne se sont pas encore créé des besoins... 
et nous cherchons à les policer, à les civiliser à notre ma- 
nière !... 

Je crois que nous devrions les envier au contraire. Car 
quel pays est plus enchanteur que celui qui produit tous les 
fruits délicieux: citrons, bananes, papayes, oranges, etc.. 
où les habitants n'ont qu'à lever le bras pour posséder. 

Ici la danse réjouit la jeunesse que le vin de palme ra- 
fraîchit pour mieux recommencer. 

Après avoir déjeuné d'une poule au riz, plat national 
des lolas, comme de la plupart des peuples africains, nous 
allons respirer le frais près le Guimbéring, sur le flanc d'un 
monticule de sable... Les perdrix et les biches y sont en 
quantité, aussi faisons-nous quelques abatages... mais je 
m'aperçois que les quelques indigènes qui m'ont suivi pa- 
raissent consternés; je me renseigne et apprends que je 
viens de tirer sur un arbre fétiche : en effet, en m' appro- 
chant j'aperçois aux branches quelques ossements et autres 
gris-gris : je m'empresse de calmer mes lolas et répare mon 
méfait en offrant mon butin qu'ils acceptent avec empres- 
sement. 

A notre retour, 400 indigènes entoui'ent le tamtam qui 



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^ÊÊmilmÊamÊÊmmÊÊÊÊÊmÊÊiÊmmmBmmmmmtmmmmm i n i i 



— 16 — 

résonne toujours, tandis que les jeunes filles se préparent k 
faire les frais de la journée. Revêtues de leurs plus beaux 
costumes, qui consistent en une légère bande d'étoflfe plus 
ou moins large, et tenant une queue de vache dans la main 
droite, elles s'avancent par deux, puis par trois, enfin toutes 
ensemble, et nous présentent un corps de ballet des plus 
réussis. 

Une dizaine de mouclioii*s de couleurs variées, et quel- 
ques colliers de verroterie servent de prix pour les plus 
méritantes. 

Pendant cette danse, les garçons, en costumes guerriers, 
se présentent : les uns pour les entrechats, les autres pour 
les luttes. 

Malheureusement la température est devenue acca- 
blante, et un orage qui éclate bientôt disperse Tassistance. 
Les orages, en cette saison, sont de peu de durée, et quel- 
ques heures après les luttes et les danses recommencent. 

Rentré dans ma case je m'étends sur ma modeste peau 
de bœuf et m'endors du plus profond sommeil ; les mous- 
tiques et les moucmouts s'acharnent sur ma personne... 

De bonne heure nous préparons notre léger bagage. Le 
chef, prévenu de nos préparatifs, accourt fort surpris d'un 
départ qu'il qualifie de précipité, et cherclie sans y parvenir 
h nous retenir encore un jour. 

Le tamtam est alors battu et tous les notables viennent 
nous souhaiter un bon voyage. Chacun regrette de n'avoir 
pas prévu notre départ, car ils auraient voulu nous offrir : 
les uns im bœuf ou un porc, les autres un ane ; mais tous 
ces animaux sont partis dès l'aube dans les champs. 

Nous les remercions sincèrement de leurs intentions, et 
pour les satisfaire nous voulons bien accepter un canard à, 
tête rouge, une poule et du vin de palme que la jeunesse 
court nous chercher dans les bois. 

A l'aide d'un cerceau les garçons montent au sommet 
d'un palmier d'où, par une incision, le suc de l'arbre coule 
dans de petites gourdes ad hoc. 



-- 17 — 

Pris frais, le vin de palme est délicieux, aussi les indi- 
gènes en font-ils une grande consommation. 

Après avoir cheminé quelque temps nous approchons 
de notre baleinière et remercions ce si brave peuple de 
l'hospitalité vraiment antique qu'il nous a donnée. 

Enfin, après une journée dé navigation, nous rentrions 
à Carabane, notre principal point de traite de la Basse- 
Casamance. 

Après un court séjour dans ce comptoir commercial je 
partis pour la Guinée portugaise. 

La rivière de Cachéo coulant parallèlement k la Casa- 
mance, et étant la plus voisine, je m'y rendis. 

Ces deux rivières sont en communication intérieure par 
un marigot étroit appelé Apertado, et dont la profondeur 
est de 0'". 30 à 1". 50, sm- 3 k 6 de largeur. 

Les détours sont brusques, et Fembarcation qui m'y 
conduit s'enfonce k chaque tournant dans la grève et les 
éternels palétuviers. 

Après deux jours de navigation on parvient k Cachéo, 
vieille colonie portugaise anciennement capitale de la 
Guinée. 

Cachéo a été ceinte, il y a plusieui's siècles, de mu- 
railles en pierres et briques, mais il ne reste plus aujour- 
d'hui que quelques bastions du côté du poste. 

Bien que manquant de murailles pour se défendre, 
Cachéo possède au Sud de la ville une porte que très scru- 
puleusement on ferme tous les soirs. Si la promenade noc- 
turne devient nécessaire, on prend le chemin des anciennes 
murailles, et l'on gagne la campagne en contournant la 
porte du Sud qui, fermée ou non, ne gêne en rien les com- 
munications avec le grand air. 

Le poste situé k l'Ouest contient une garnison d'une 
vingtaine de noirs recrutés dans la colonie de l'Angola por^ 
tugais. 

L'état du poste est délabré, et les canons qui défendent 
Cachéo portent encore les datés de 1801-1852-1869 : le sol 




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— 18 — 

ayant baissé, les pièces ont courbé la tête, et Ton voit des 
canons qui présentent leur bouche plus bas que les cré- 
neaux. Les boulets sont enterrés dans les herbes et c'est en 
se tournant le pied qu'on les sent et qu'on les voit. 

La ville est grande par rapport à sa population ; elle 
possède quelques maisons de pierre, mais qui aujourd'hui 
sont en ruines. 

Près du quai on trouve les vestiges de l'ancien palais 
d'un gouverneur. 

Cachéo (ou Cacheû) possède une église dont les murs 
sont peu eu équilibre ; un jeune prêtre y remplit les fonc- 
tions de curé pendant une partie de l'année. Les fidèles ne 
sont pas nombreux et le prêtre n'y exerce que peu son ser- 
vice. 

Les peuples qui avoisinent Cachéo sont les Papels et 
les Mandiagues, appelés aussi Manjaques. Leur costume 
est des plus simples : une peau de chèvre découpée autour 
des reins, tombe en forme d'habit à queue et compose tout 
le vêtement. 

Lesfemmes, encore moinsvêtues, se font sur la poitrine, 
les bras et le dos, des incisions en forme de losanges. 

Les Mandiagues émigrent parfois, où on les rencontre 
fiur nos goëlettes comme marins. Leur engagement terminé 
ils s'achètent, pour rentrer chez eux et étonner leurs com- 
patriotes, un costume complet où il ne manque ni les 
vernis, ni le chapeau. 

Aprè^ s'être fait bien admirer ils vendent leurs eficts : 
d^ abord le pantalon qui est le plus gênant; puis la veste et 
la chemise ; ils conservent le plus longtemps possible leurs 
chaussures vernies, leur canne et leur haut de forme. 

Ces deux peuples, primitifs dans leurs costumes, le sont 
moins au point de vue politique, et souvent les Portugais 
ont dû baisser pavillon devant eux. 

Les Portugais savent peu fah'e prospérer leurs colonies. 

Reculant continuellement devant l'arrogance des noirs, 
les blancs ne sont même pas en sûi*eté dans leui's postes car 



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souvent, 8*îb n'ont pas les indigènes contre eux, ce sont les 
soldats qui se soulèvent ou refusent de marcher contre 
l'ennemi. 

Les manières de vivre dans ce pays africain étendent 
fort loin la famille, aussi en s' accostant chacun de s'ap- 
peler ; compadi'e ou commadre (compère ou commère). 

La Guinée portugaise est d'un trèâ grand avenir, la lon- 
gueur des rivières, la richesse de la terre dont les produits 
sont si beaux, en font pour plus tard un pays alléchant que 
la France devrait chercher à acquérir, 

La Guinée n'est pas une colonie de la nation portu- 
gaise, mais un fief de la couronne. 



EN GUINÉE8 ET AU FOUTA-DIALLO 



Après un nouveau séjorn* au Sénégal, je m'embar- 
quai pour Konakry. 

Ce fut pendant cette traversée que je me liai avec 
M. Baillât et que nous décidâmes de faire ensemble un 
voyage au Fouta-Diallo. 

Le vapeur longea les côtes de Gambie et de Casa- 
mance, et pénétra dans la Guinée portugaise. J'y visitai 
Bissao et Boulame où l'on retrouve la même insouciance. 

Enfin, après neuf jours de traversée, le vapeur par- 
venait k Konakry, capitale de nos Rivières du Sud, qui 
aujourd'hui portent le nom de Guinée française. 

Quel contraste avec le Sénégal! 

Ici c'est la vie des tropiques : c'est le charme dans le 
paysage, ce sont les palmiers à perte de vue, les mou- 
vements de teirain; et si l'on porte les regards vers la 
mer, c'est le panorama grandiose des îles anglaises de 



J 



— 20 — 

Los avec ses pies échevelés, ses nombreux îlots et ses 
rochers qui produisent TefFet d'un véritable chaos. 

Konakry est ai)pelée h devenir un port et une ville 
très importante. 

Créée en janvier 1890, lors de la séparation des 
Rivières du Sud de la colonie du Sénégal, elle a vu 
s'élever, sans aucun secours de la métropole, toutes les 
constructions nécessaires à une nouvelle cité. 

Ses innombrables palmiers et ses dernières planta- 
tions d'orangers et de fruits de toutes sortes en ont fait 
un immense jardin. 

Dans quelques années, Konakry sera le sanatorium 
de la côte d'Afrique et la ville la plus agréable a habiter. 

A Konakry, je ne restai que quelques jours, le temps 
nécessaire à l'achat de marchandises. 

Le choix est facile dans les maisons de commerce, 
mais il faut savoir prendre juste les objets qui doivent 
plaire aux peuples de l'intérieur, qui, selon leur religion 
et leurs coutumes, ont presque tous des goûts différents 
soit pour les étoifes et leurs couleurs, soit pour les 
perles et autres objets. 

Dans cette tâche, je fus grandement aidé par les 
agents de la Compagnie française de l'Afrique occiden- 
tale, qui du reste m'ont partout secouru et donné une 
hospitalité des plus franches et des plus cordiales. 

Un voyage dans l'intérieur du continent africain est 
encore peu facile de nos jours, lorsqu'il n'a pas été 
prévu de longue date. 

Il faut alors tout trouver surplace, et, surtout, ne pas 
oublier l'indispensable si l'on ne veut pas, dès le début 
du voyage, être annihilé par les privations de toutes 
sortes. 

Je quittai Konakry, sur un vapeur, pom* gagner 
le Rio-Nunez; avec M. Baillât, nous préparâmes notre 
envoi et nous eûmes assez facilement les porteurs néces- 
saires poui' nos marchandises. 



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— 21 — 

Nous arrivons a Bokë. Bokë est un centre de com- 
merce important et le siège de l'administration du bassin 
du Nunez. 

Les Moukoforé, les Nalous, les Bagas, les lolas, les 
Tendas, et les Landoumans sont les prinéipaux peuples 
habitant le cercle de Bokë. 

Notre intiuence sur ce pays est des plus illusoires 
et c'est même k grand' peine si nous parvenons k empê- 
cher les combats entre ces différentes tribus. 

Bokë possède un poste fortifie. Une pyramide ëlevëc 
en 1869 rappelle le départ de René Caillé vers le Sahara. 

Cet illustre français gagna en 1827 le Niger et fut 
le premier européen qui pénétra h Tombouctou pour 
parvenir saîn et sauf, un an après, sur les rivages du 
détroit de Gibraltar. 

Le villagç noir de Boké s'étend sur un plateau. 
Quand ou le quitte, on longe un « bois sacré », refuge 
des « Simos », prêtres jongleurs et astrologues, connais- 
sant à merveille l'art d'exploiter Tincrédulité de leurs 
semblables. 

Les Simos, d'origine Soussou, ont formé des adeptes 
chez les peuples païens de notre colonie de Guinée. 

Cachés dans les bois, ils apprennent à leurs jeunes 
initiés Tart de préparer des poisons, de savoir tirer parti 
de la superstition des noirs, de prédire l'avenir et de 
faire de la sorcellerie. 

Ils assistent par petits groupes aux fctcs des villages 
et sont nourris aux frais de patients qu'ils exploitent. Ils 
se montrent déguisés avec des peaux de bêtes ou recouverts 
de feuillage. 

Leur présence est annoncée par des hurlements et des 
sifflets ; leur retraite est dans les bois et malheur k l'indi- 
vidu qui serait surpris dans leurs propriétés : une rançon 
ou la mort serait son châtiment. 

Les Simos sont continuellement au courant de ce qui se 
passe dans la contrée. S'est-il commis un vol? un assassi- 



— 22 — 

nat? — Si Ton obtient leurs bonnes grâces on est presque 
certain de retrouver l'objet volé ou le fauteur du délit. 

Cette secte est sacrée et les indigènes ont pour les ini- 
tiés une grande vénération. Les anciens affiliés gardent 
toute leur vie la crainte de parler de leurs mystérieuses 
jongleries, aussi, peu d'européens ont-ils eu des renseigne- 
ments précis sur la manière de vivre de cette secte. 

Notre convoi une fois organisé, nous descendons le 
Nunez ; nous reconnaissons les marigots du bas fleuve ' et 
visitons les cinq îles Tristao, situées entre les embouchures 
du Coumpony et du Cassini. 

Deux de ces îles sont habitées par une peuplade appelée 
Nalbus. 

Les Nalous sont des réfugiés du continent qui ont fui 
l'invasion des Foulacoundas. Les Nalous seraient, d'après 
les dires des Foulahs, parents des noirs du golfe du 
Bénin; échoués sur ces côtes, ils se seraient mêlés avec les 
indigènes et auraient créé ce nouveau peuple. 

La terre y est excellente et le climat très salubre. 

La position des Tristao h T entrée du Cassini et du 
Coumbindian portugais, puis du Coumpony, en fera pour 
l'avenir le dépôt commercial de ces rivières. Le Coumpony 
ou Cogon y a son embouchure. 

Ce fleuve est encore peu connu, aussi allons-nous clier- 
cher h le remonter le plus loin possible. 

A Kandiafara où nous arrivons, nous trouvons notre 
convoi. 

Là, le Compony a ses premiers rapides; on les passe 
facilement k marée haute ; mais on rencontre à une heure 
de la des rapides perpétuels qui ne se franchissent qu'avec 
beaucoup de peine ; aussi sommes-nous obligés de prendre 
la route de terre pour pénétrer dans le Foréah. 

Les habitants de ce pays, les Foulacoundas, sont 
musulmans, mais il ne sont pas fanatiques. 

En guerre depuis plusieurs années avec leur suzerain, 



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— 23 — 

le chef du Kadé, ils ont retîrd leurs villages de la fron- 
tière pour les rassembler au centre de leur région. 

Nous recevons Ji notre arrivée a Sarré Morso la visite 
d'un chef important avec lequel nous avons des palabres. 

Les palabres sont des entretiens que tout homme libre 
a le droit de demander pom* discuter les affaires qui le 
regardent. 

Ils ont lieu sous un arbre à grand feuillage; tout le 
village s'y rend pour y défendre Tun ou l'autre des par- 
tis ou pour les concilier. 

Quand ce sont des palabres de bienvenue, un chef 
prend toujours un intermédiaire avec l'interprète du blanc. 
Sa pensée passe ainsi par trois bouches avant d'amver h» 
l'étranger. 

Partout où nous passons nous sommes très bien reçus ; 
dans chaque village on nous apporte : du lait, des finiits et 
des poules, et à Sarré-Morso, le village, et Talibé, chef du 
Foréah, nous offrent chacun un bœuf. 

Nous leur rendons ces cadeaux bien au delà de leur 
valeur. 

Nous quittons les villages du Foréah très satisfaits de 
notre séjour : malheureusement nous ne sommes pas en 
pays français, nous foulons une zone portugaise. 

Les Portugais y sont peu connus et, jusqu'au Rio- 
Grande, on ne connaît que notre station commerciale de 
Boké. 

En quittant le Foréah, nous sommes en pleine brousse; 
comme les premiers villages foulahs se sont aussi retirés 
vers rintérieur de leur pays, nous allons sans guide, à 
Taveuglette. 

Après quelques jours de marche, nos provisions se sont 
beaucoup épuisées et nous devons, alors, avoir recours à la 
chasse. 

Nous envoyons notre interprète pour rechercher la di- 
rection du premier village f oulah ou tout au moins quel- 



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— 24 — 

ques indices, car nous ayons perdu tout sentier, toute trace 
d'homme. 

Seules, quelques empreintes de pied d'éléphant, de 
biches et d'antilopes, nous indiquent la direction d'une 
source ou d'un cours d'eau. 

En effet, nourrir et satisfaire une trentaine d'hommes 
est chose peu aisée. 

Par notre patience et notre fermeté, nous sûmes con- 
traindre nos hommes à l'attente. 

Dans la soirée du 14 mars, nous apercevons des incen- 
dies en deçà des collines. 

Nos hommes courent vers les hauteurs, maïs ne remar- 
quent personne. 

Jividemment ce sont des indigènes qui ont mis le feu 
aux feuilles sèches. 

Nous attendons pendant longtemps le coup de feu qui 
doit nous indiquer l'arrivée de notre interprète. 

L Nos hommes armés sont renvoyés sur les hauteurs pour 

! nous prévenir, et ce n'est que vers le milieu de la nuit que 

nous entendons le signal convenu. 

Bientôt nous apercevons des torches, puis, avec nos 
lorgnettes, quatre ou cinq individus qui une heure après 
étaient pai:mi nous. 

'■ ' C'étaient des caoutchoutiers, esclaves, travaillant pour 

\ le compte de leurs maîtres. 

Ibraliima, notre interprète, avait essuyé dans l'après- 
midi un coup de feu de la part de ces gens, qui l'avaient 
t pris pour un Foulacounda, par conséquent pour un ennemi. 

r 

l Après des signes réitérés, ils s'approchèrent de lui et 

^- convinrent de venir à notre recherche, pour nous conduire 

au village le plus proche. 

H nous fallait pour y parvenir deux jours de marclies 
i forcées. 

Notre séjour, entre le Foréali et le pays de Kadé, fut 
fructueux en chasse ; les bœufs sauvages que nous eûmes 






Il l"""^ 



— 25 — 

la chance d'abattre arrivèrent k point pour combler les 
vides de nos provisions. 

Enfin, le 16 au soir, nous parvînmes au village des 
captifs de Mahmadou Guimi. 

Le village était en fête ; les « Simos », couverts de feuil- 
lage, venaient égayer les habitants par leurs jongleries et 
leurs cris de sauvages. 

Après une journée de repos, nous repartîmes, cette fois 
avec des guides, vers Kadé, appelé par les Foulalis, Foula- 
mory. 

Cette région est totalement inconnue, même de nos 
postes africains. Nous traversons une quantité de rivières 
importantes et entrons à Kadé, où toute la population nous 
reçoit avec un accueil peu ordinaire pour des musulmans. 

Yaya, chef du pays, est absent. 

C'est un de ses gouverneurs, Modi-Sidî, "qui vient nous 
saluer. 

Kadé se compose d'une vingtaine de village très espacés 
les uns des autres. 

La population peut être évaluée k 20,000 habitants , 
presque tous captifs ou de race mandingue. 

Les Foulahs ne sont qu'en petit nombre dans cette 
région. 

Le Kadé est une de leurs principales conquêtes. 

Nous arrivons en plein Ramadan, mois de jeûne et de 
recueillement pour les musulmans. 

Du lever du soleil h son coucher, ils observent, tout au 
moins en apparence, un jeûne complet, qui ne leur permet 
pas môme de prendi'e une médecine ou un peu d'eau ; cinq 
ou six fois par jour les fidèles se réunissent pour prier et 
chanter les louanges du prophète. 

Le plus considéré du groupe se place en tête de la 
réunion et donne la cadence dans les prières adressées à 
Dieu et a son prophète. Avec ensemble tous les fidèles 
joignent les mains et portent leur tête vers la teiTC de ma- 



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- 2G — 

nière k laisser sur le front et le nez des traces de poussière, 
qu'ils ont bien soin de conserver le plus longtemps possible. 

Lorsque le voyageur arrive k ces époques de carême 
dans les contrées musulmanes, il ne lui est plus permis de 
dormir : jour et nuit les musulmans sont en prières, et ils 
prient alors k haute voix. Lorsqu'ils rentrent chez eux 
c'est pour recommencer encore, tandis que, de la mosquée, 
le marabout, d'une voix lente et monotone, rappelle encore 
que Dieu et Mahomet remarquent les vrais fidèles pour leur 
réserver une vie meilleure. 

Dans les pays fanatiques, le carême est sévèrement 
observé. 

Le vingt-neuvième jour rachète toutes les souffrances. 
Ce ne sont alors que réjouissances de toutes sortes, héc<a- 
tombes d'animaux, festins, danses, etc. 

Autour de Kadé le pays est plat et monotone et la seule 
excursion intéressante est celle des sources themiales, sur 
la route du Rio-Grande. 

La température des trois sources, prise au thermomètre, 
est de 56®, 46° et 32^ Cette eau manque d'azote. Les indi- 
gènes n'en font pas usage. 

Le sol contient du chlorure de sodium que les femmes 
indigènes viennent prendre dans de grands paniers. 

On verse de l'eau sur cette terre et il en dégoutte un 
liquide salin qui sert k faire la cuisine des noirs de Kadé. 

La race foulah, peu connue de nos jours, descendrait, 
d'après des traditions indigènes, de la grande famille des 
blancs; selon d'autres, le berceau de la race foulah serait 
les rives du Sénégal. Enfin, les Européens les feraient des- 
cendre des Fellahs d'Egypte ou encore d'une légion ro- 
maine égarée dans le désert. 

Devant tant de suppositions, je m'en tiens h Thistoire 
la plus répandue et cependant la moins connue dans nos 
pays d'Europe. 

Un certain arabe, nommé Aboudar-Daye et fervent 
apôtre de Mahomet, circulait avec une troupe nombreuse 



— 27 — 

' entre le Niger et le Sénégal pour soumettre h la religion 
musulmane les peuples habitant roccident de son pays. 

Il vint jusqu'au Fouta-Toro et trouva le pays habité 
par les Ouolofs, qu il soumit au culte de Mahomet. 

Les rois du pays ainsi qu'une partie des habitants ac- 
ceptèrent la nouvelle religion. 

De cette invasion arabe il ne resta que peu de vain- 
queurs; cependant, Tun d'eux eut en partage la fille du 
roi du pays. 

De ce mariage naquirent quatre fils, dont le troisième 
resta muet pendant une partie de sa jeunesse. 

Son plus jeune frère, âgé alors de huit mois, se mit un 
jour a pleurer et k crier très fort en appelant sa mère ; ce 
fut alors que le muet s'écria tout à coup : « Taisez-vous, 
taisez- vous, notre mère vient tout de suite, vous allez avoir 
le sein ». 

Ces mots furent les premières paroles foulahs enten- 
dues dans le pays Ouolof . 

La mère s'approchant de la case fut surprise d'entendre 
cette nouvelle voix ; elle courut à la mosquée chercher son 
mari et tous deux restèrent cachés autour de la case. 

L'enfant au berceau s' étant repris à pleurer, la nouvelle 
voix se fit encore entendre. 

Le père, marabout vénéré, crut trouver en ce fils un 
futur apôtre de Mahomet et le fondateur d'un nouveau' 
peuple : il courut chercher le livre « des langues » de 
Mahomet, et trouva qu'il était prédit : qu'une race de 
couleur claire, parlant une langue particulière, dominerait 
une partie du monde. 

Le marabout rendit grâces a Dieu. Heureux d'une telle 
fortune, il se mit à pleurer et remercia Mahomet de faire 
sortir de sa famille une race qui, née sur les bords d'un 
grand fleuve, devait régner sur beaucoup de pays. 

Le vénéré Arabe se mit à parcouiâr les pays environ- 
nants, annonçant partout que la langue prédite par le 
grand prophète était maintenant découverte. 



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^ 28 — 

Devenu plus gi'and, le jeune fils apprit h ses trois frères • 
ïa nouvelle langue foulah. 

Ils partirent vers une région éloignée de Tombouctou 
où se forma le noyau de la race. 

Quelques années après eut lieu la dispersion : les deux 
ahiés s'établirent au Macina, le troisième gagna les pays 
montagneux habités par les Bagas et les Soussous et qu'il 
nomma Foùta Diallo. 

Le quatrième resta le maître des pays, berceau de la 
race, situés entre le moyen Niger et le lac Tchad. 

Lors de la conquête du Fouta Diallo, les Foulahs furent 
aidés dans la pacification du pays, par des Maures de Tom- 
bouctou. 

Koromokho Alpha, marabout vénéré et T Almany Souri, 
guerrier célèbre, devinrent les chefs du Fouta. 

Ils furent la souche des deux grandes familles des 
Alphaya et des Souria qui aujourd'hui régnent h tour de 
rôle chacune pendant deux ans. 

Le pays fut alors morcelé au profit des membres de ces 
familles. Il forme aujourd'hui treize gouvernements ou 
diouales. Les changements de gouvernement ont lieu vers 
le mois de septembre et jusque dans le plus petit village ; 
la famille régnante cède la place h l'autre. 

Cependant ces changements ne se font i^as sans révo- 
lution, car la position de chef d'état est avantageuse par 
suite des cadeaux et des beaux revenus qu'elle procure. 

Les Foulahs ne sont pas toujours de bonne foi ; entre 
parents ils se volent, et souvent se tuent pour posséder de 
plus grandes fortunes et pour hériter des honneurs. 

En quittant Kadé nous prîmes la route du Labé en 
remontant la vallée du Rio-Grande. Les villages y sont 
nombreux mais les habitants sont rebelles à l'hospitalité. 

Après une longue marche de nuit, exécutée le 28 mars, 
nous fûmes repoussés k l'entrée des \dllages de Dourabiadjï 
et de Kamélé et notre monde dut coucher à la belle étoile. 

Ce changement inattendu nous fit craindre un revire- 



^ i- * . . ■ 




— 29* — 

ment subit dan« les bonnes dispositions de la coxir de 
Timbo, résidence de l'Almany chef du Foutal 

La disparition de notre guide, la mauvaise humeur des 
chefs de village et leur refus ^de nous laisser cami)er près 
de chez eux, nous inquiétèrent quelque temps. 

Heureusement ce n'étaient que de mauvaises disposi- 
tions passagères que des régions plus hospitalières nous 
firent oubUer.. 

Après quelques marches, nous parvînmes à Kabara. 
Le fils du chef de Kadé, Aguibou, circulait dans la 
contrée : il vint h Kabara et nous rendit visite avec toute 
sa troupe. Il nous assura des bonnes dispositions de son 
2)ère envers les Français et nous promit que les chefs de 
village qui nous avaient mal reçus seraient bâtonnés. Il 
alla même plus loin, il nous offrit la tête de Tun d'eux. Mais 
nous nous contentâmes d'une simple bâtonnade. 

Cette punition étiiit nécessaire, parce qu'il fallait 
qu'après cet affront, notre passage fît époque pour que nos 
concitoyens qui y passeront dans Tavenh' y soient mieux 
reçus. 

Quelques jours après, notre colonne quitta la vallée du 
Grande i^our gravir les régions montagneuses (^ui séparent 
les bassins du Rio-Grande du Cogon ; nous y trouvâmes 
une région pierreuse et extrêmement fatigante, avec des 
vallées très étroites et très rapides. 

Treize jours après notre départ de Kadé, nous péné- 
trions dans la ville libre de Guémé, située au sommet 
d'un mamelon. 

Notre marche fut continuée vers Bambaya et le Cogon 
traversé à 6 kilomètres de cette ville. 

Bambaya est une ville libre dépendant de la province 
du Timbi-Toumi. 

Le nouveau chef de la famille des Alphaya n'était pas 
encore nommé : le gouverneur de la province attendait 
les cadeaux des prétendants avant de^choisu* l'élu. 

A Guémé et à IJambaya le type foulah est très clair de 



/ 



- .' — gaii^i, 



— 30 — 

teint. La physionomie est fine, le nez petit, les yeux vifs, 
les cheveux nOirs mais très peu crépus. 

Les femmes ont Thabitude de ramener leur cheveux de 
manière k leur donner la forme d'un casque. 

Le pays est accidenté et les pâturages permettent h de 
nombreux troupeaux d'y vivre pendant la bonne saison. 

Dans la direction sud de Bambaya on trouve le dernier 
village foulah. 

Diara-Magnaki est le lieu habité le plus propre et le 
plus coquet que j'aie rencontré en pays Foulah. 

De là, on passe dans le bassin du Rio-Pongo et en pays 
Soussou. 

Ici les villages sont vastes et propres ; les maisons sont 
en terre et agréables à habiter. 

On y trouve un peuple plus commerçant et moins 
rebelle à nos mœurs. 

Dans les maisons on voit des étoffes et des objets euro- 
péens : on est chez un peuple qui a l'habitude de fréquen- 
ter nos comptoh'S. 

Les villages sont plus nombreux et le terrain plus 
favorable aux cultures. 

Les Soussous sont les anciens propriétaires du Fouta 
Diallo. 

Les Foulahs en s' emparant de leur région montueuse 
ont coupé ce peuple en deux tronçons : l'un s'est retiré vers 
le nord, les habitants en sont appelés Diallonkès ; le second 
s'est rejeté sur la mer. Ce sont les Soussous. Une partie de 
ce peuple est cependant restée au Fouta, mais comme 
esclave. 

Les Soussous sont païens ou musulmans; cependant, 
f)ar genre, raristocratie suit les préceptes de Mahomet, car 
il est bien vu de porter des gris-gris (espèces de scapulaires 
apparents) qui préservent de la raine ou de la mort. 

Pendant notre retour à la côte, les pluies se mirent k 
tomber. C'était le commencement de l'hivernage où par 
seaux d'eau la pluie vient tout effondrer ^ 






• — 31 — 

Notre arrivée au Pongo fut une fête dans le pays et 
toutes les maisons de commerce rivalisèrent pour nous 
ofirii- l'hospitalité. 

D'après les rumeurs on croyait que M.« Baillât avait été 
assassiné par les indigènes avant notre arrivée à Kadé et 
que mon convoi à moitié pillé avait été attaqué plusieurs 
fois, que j'avais dû quitter le Fouta et gagner le Sénégal. 

Tels étaient les bruits des indigènes de la brousse. 

Un service divin était même sur le point d'être célébré 
par les Pères du Pongo, quand M. Baillât et notre miasion 
y parvinrent. 

Notre voyage d'exploration se trouvait terminé. 

La'^mission gagna Konakry par mer, où elle reçut par- 
tout un parfait accueil. 

Un court voyage dans la^presqu'île de Dubreka, dans 
les îles de Los et à Sierra Leone termina mes excumons 
en Afrique. 

Je retrouvai M. Baillât à Konakry et nous rentrâmes en 
France sm* le paquebot qui ramenait la brillante mission 
Maistre. 



, *• 



LA FRANCE MUSULMANE 



La France est depuis longtemps la protectrice des chré- 
tiens dans les pays musulmans, mais ici, elle parait chan- 
ger de rôle pour devenir la protectrice des fervents de 
Mahomet contre les peuples sauvages et païens. 

Nous connaissims les coutumes de nos Arabes d'Algérie 
et de Tunisie, celles de nos Ouolofs du Sénégal, ainsi que 
la force de la religion musulmane chez les peuples de la 



kÉÉMM 



— 32 — * 

boucle du Niger ; force que Binger a su faire apprécier et 
mettre en parallèle avec le catholicisme. 

La mission Maistre elle-même, voyageant vers le Chari, 
n'a eu qu'à se louer des Musulmans avec lesquels elle s'est 
trouvée en relations: et aujourd'hui, tous ceux qui ont 
séjourné dans les pays du Centre- Africain y ont trouvé des 
régions dont l'organisation politique a su former des 
peuples forts et respectueux de l'autorité. 

Les noirs ont une intelligence troj) peu développée pour 
comprendre notre religion, et, jusqu'à présent, aucun de 
nos missionnaires n'a encore su créer réellement le culte 
vrai et surtout l'y maintenir. 

Nos fétichistes ont une organisation par trop rudimen- 
taire pour être en état de comprendre nos lois ; l'Islamisme 
leur est donc nécessaire pour développer peu à peu chez 
eux la culture intellectuelle, les idées de morale, le goût 
au commerce, et leur faire comprendre qu'en tout il y a 
un maître. 

Tous nos noirs se trouvent donc portés au Mahométisme 
par la simplicité du Coran, qui se rapproche beaucoup 
plus des lois de la nature. 

La France est depuis trop longtemps accoutumée aux 
mœurs de nos musulmans, pour ne pas savoir apprécier la 
force que le culte de Mahomet donne à un peuple qui sait en 
tirer parti avec les noirs ignorants et idolâtres. 

Par suite du grand nombre de peuples musulmans 
qu'elle domine et de la force de 1 Islam, la France est 
donc, malgré elhy appelée à devenir une nation musulmane 
en Afrique. 

Par son commerce, sa force pliysique et morale, et les 
qualités de ses dirigeants, la France est entrain de se 
tailler en Afrique, comme en Asie, un empire nécessaire à 
sa Grandeur politique et économique. 






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* 



— 33 



LES ILES TRISTAO 

257 Kmq. et S,000 habitants environ. 



Le groupe des Tristao comprend cinq îles : Aube 
ou Katchek, Robert ou Capken, Galibert, MadroUe 
v^ ou Nié-Gnîé, Baillât ou Fauré. 

Les trois premières sont le domaine de la Compagnie 
agricole et commerciale des îles Tristao. 

L'île Aube est la plus importante comme ëtendue 
(188 Kmq.), sa population peut être évaluée a 900 
Nalous, paisibles habitants ; le village principal est 
ïVance ville. 

L'île Robert est plus importante au point de vue 
commercial ; sa population comprend un millier d'indi- 
vidus, le bourg le plus habité est Capken (48 Kmq.). 

L'île. Madrolle, peu étendue (9 Kmq.), est peu 
peuplée ; on ne trouve qu'un village, Kafoula avec 120 
habitants. 

Les deux autres îles ne sont pas habitées. 

MM. Faidherbe et Paroisse ont visité ces îles. 
MM. Mathon et Madrolle ont fait, en 1893, le tour du 
groupe et en ont relevé les côtes. 

La terre est propre a la culture, elle se compose 
d'humus par j)arties, de sable dans d'autres et parfois 
d'argile par ailleurs. 

Les palmiers sont nombreux ; il en existe plus de 
2,000,000 de pieds ; on y remarque aussi le palétuvier 
sur les bords des marigots, le fromager, le houle 
(néri), etc. 

On y cultive un peu l'arachide et on y récolte le riz 
et les palmistes. L'eau des puits est bonne et le climat 
salubre. Les côtes sont basses ; un courant sous-marin 

3 






»:--.-t.*#C:v- *». ■ -. ^, -^'-> .... .j«J 



— 34-^. 

partant du centre de TAtlantique vient caresser le lit- 
toral et y déraciner peu à peu les superbes palmiers. 

En 1892, troib couronnes sont venues s'échouer près 
France ville. Elles portaient le nom Orénoque des Mes- 
sageries maritimes, avaient été jetées au sud de l'Equa- 
teur et entraînées par le courant. Elles ont atten-i aux 
Tristaô, chacune à un jour d'intervalle, mettant deux 
mois pour parcourir 1,800 kilomètres. 

Au sud-ouest de Franceville existe une plaine her- 
beuse de 4 à 5 kilomètres de long et de 1 à 2 mètres 
au-dessous du niveau de la mer. Cette étendue pour- 
rait être convertie on salins par une simple tranchée 
d'une centaine de mètres. 



LES ILES DU COUMPONY INFÉRIEUR 



Entre les îles Tristao et le bassin de Bassia, sur 
le Coumpony, se trouvent : 

L'île Paroisse ou Katenk et le groupe Mathon. 

L'île Paroisse est seule habitée. Katenk, le- princi- 
pal village, est peuplé par les Bagas. 

Le groupe Mathon comprend la Grande, la Moyenne 
et la Petite île. 

Par suite des guerres incessantes entre les différents 
peuples du bassin de Coumpony ou Cogon, les rives 
de ce fleuve sont de moins en moins peuplées, aussi les 
cultures et le commerce y sont-ils nuls. 

Il serait de toute nécessité de créer un poste mili- 
taire à Kandiafara, situé près des premiers rapides du 
Cogon. Ce serait un acte de prise de possession qui 
influerait considérablement sur l'esprit guerrier des 
nombreuses tribus, et lolas, Nalous, Tendas, Bagas et 
Foulacoundas désarmés né songeraient plus qu'à aug- 
menter un bien être que seulement la terre des tro- 
piques peut leur donner. 

Décembre 93. 



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'■■ a. ■!., ■*■ 



• 1 



M- 



— 35 — 



PEUPLES ET PAYS 



Les Jolas . « • dlyisés en plusieurs tribus : Feloups, Aïamats. Djougontes, etc. 6^ . 000 

Les Bagnoucs 10.000 

Lei Salantes . 15.000 

Les Xandin^eS . avec quelque^) descendants foulahs dans le Firdou , chef 

Moussa Molo, à Amdalla}'- . — États : Yacine, Firdou, Bou- 
dhié, Pâquise, etc .......;.'.. 185.000 

Lei Teadas . . (sur le fleuve Gambie) 25,000 

GUINÉE PORTUGAISE 

lies Jolas. . . . compris entre la mer et l'Apertado 10.000 

Les Bagnoucs 30.000 

Les Salantes 30.000 

Les Bia£fades . . divisés en nombreuses tribus 40.000 

Les Fapels et 

Hanjaques 50.000 

Les Nalous. . . 20.000 

Les Xandingaes . dans le Gabou, le Courbali, etc 30.000 

Les Foulaconnias au Foréah 25.000 

Les BiJOUgOtS. • archipel des Blssagos 20.000 

GUINÉE FRANÇAISE 

1) Cercle de BOKÉ. 

Les Nalous. . . d'aprèslesdlresdes indigènes, \Iîcs Tristao, chef Momodou, à 

seraient originaires du Bé- j Capken . 

nln et auraient été débar- f NALOUTAT, républiquedirigée . 
qués sur le littoral par les l P^ ^e conseil des chefs des > ^ ' -^^^ 

négriers • i villages, sous la présidence 

1 de l'administrateur de Boké. 

Les Basai . . . anciens poMe«.a» du Bas j^^g^^^j ^^ 

Nunez, ont été relégués à la I • • i ^r 

... . , -r f principal Monson. . ^ ^_^ 

côte par l'inyasion des Lan- >,,.r.afnATj i.r^ *. 'n-^) ". 000 

*^ . . , ( BAGATAI de 1 Ouest, village Ç 
doumans, poursuivis par les V .• . , /^ j m i-u u 1 
r^ . . 1 principal Grand Talibouche. i 

Foulahs. **/ / 

Les Tendas. . . Petite tribu établie sur la rive 

gaucheduCogon et à l'em- f . jj^^ principal Karchontch. 2,500 

boiichure de la rivière de 
Tomboya 



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L6S J0I&8 . . • tribu peu nombretifle sur la rive gauche du Cogon, village 

IMrincipal Coumpony. 1 000 

Zf€S LftndOUlIl&IlS. originaîreA de la haute vallée du Rio- \ 
(on Ttapis) Grande, ont été repoussés par les 

Mandingues et soumis par les Fou- 

lahs qui les appellent Tyapis. — Les! LANDOU MATAI, v ^^.^ /yvQ 

Landoumans paient tribut à l'Ai- (chef Sorab, à Boké. 

mainy de Timbo par les mains de 

ral()ba du Labé, représenté par le 

chef de Guémé / 

Los XokhOUforès • m hommes noirs » formant un mé- A . 

lange d'esclaves de toutes races : iLeMOKHOUFORÉ,dief 
Foulahs, Sonasous, etc. Ils déJ Bambaya,à Songolon. , ,^ ^^ 
pendaient du roi des Nalous^Le SÉKHÉA, chef Sou- ^ "' * 
avant l'abdication de Dinah Sa. \ mou, à Youonkifon. 

lifou y 

liM BoubbOU.3. . Foulahs indépendants habitant Kavesse et son territoire • 2JjOO 

2) Cercle de BOFFA. 

/KOLISOKHO, où plusieurs 
I chefs se répartissent l'auto- 

Lgs SoUSSOUS . . originaires des hauteurs dut rit<l* 10.\X)J 

Fouta-Diallo ont été en /RIO-POXGO, chef Akxamlro 

partie re jetée vers le moyen j Katty, à Thia lo.UUU 

Sénégal et vers la côte . . / KGB A, chef s AU Teory et Tiio- 

I mas Bombo, A Taboria . . 16. 000 

^SOUMBOUKI 0.000 

3) Cercle de DADI (ancienncuient Dubreka). 

Les SCUSSOUS . . LABAYA,gousrautorité de l'al-phaMaury, »\ Farcndja. . . 12.000 

BRA MAYA, chef Williams Femandez. à Bouramay a. . . . 15. (XX) 

KABITAYE, régent Bamba lîous«a 15.000 

KALKTAYP] y^ » » 

TABOUNSOU, chef Balé Sirha, à Kaporo 12. (XK) 

MANKAlIjChef Buaiiké-Modou, à Manéuh 12.0îX) 

SOUMBOUYA, chef Kiii-Toumané, à Wouaukifong 12.000 

TÉNÉ village principal Talé 20.0rX) 

BARIGN >. K.itia 20.0<X} 

BOUKOUNDJI » Falessadé 8. (XX) 

SOKOLf » Démokhoulina lO.OîX) 

SÉCil'ÉKOUROU » Mobâssen o.0'.)0 

TAMBA » Bèlia 8.(K)0 

MONKMA .> » o.CXK) 

KINSAM » ) 15. (XH) 

SKRIMMA » Kébalê lO.OOO 

r Cercle de PllARMOUKAlI (aneionneincnt lt«>nty). 

Les SOUSBOUS . . MORKBAYA, sous l'autorité de lalmamy Kouni-Soury, A 

Morébaya. — Ce paya est divisé en quatre provinces : Morê- 
luiya, Koké, Kouroumbouya, X*" lo.^XK) 



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— 37 — 

les SoUflÉOni . KHOKONIAH, chef Doulédougou, à Sambeya 12.000 

SALOU-TAMISSO (ou Soulouma-Tamisso), sous la souve- 
raineté de ralmamj Fodé, à Ouossou 30*0Q0 

SANDOU , 10.000^ 

BÉREIRÉ * 10.000 

BENNAH les Soussous de ce pays se nomment Eisi-Kisi. — 
Le Bennah était sous Tantorité de Demba-Salifou, mort en J v 

18U2. — Aujourd'hui quatre chefs forment le conseil de 
régence : . «^^ qqq 

Moussaya avec Talmamy Lucr ni de Moussaya 
Baya-Baya » Qolé-Bourama 
Sincya » Wouandé-Modou, de Sineya 
Digui-Digui > Yakaba-Soury 
CANIAH, chef Sounkari-Modou, à Fréguia 20.000 

Lei Soussous et 

PoulallS . . . MORÉAH, almamy Daouda-Touré, à Forékariah 10.000 

Les Xandingues . MORÉ-KANIAH, sous la souveraineté de l'alkali Sira-Laye, 

à Moré-Kiiniah ! . 15.000 

SA MOH, sous l'autorité du bcsherbro A nsou, à Ben ty . . • 15.000 

Les Houbbous. . tamisso 30.000 

5) KONAKRY, dans l'Ile du même nom, Hièffe du gouvernement 

de la (iuinée française. 

FOUTA DIALLO 

Un Almamy, chef spirituel et empereur du Fouta Diallo et dépendances, 
est nommé à vie, dans chacune des deux familles desSouria et des Alphaya, par 
le Conseil dos Anciens de Fougoumba. Chaque famille reste au pouvoir pendant 
deux ans. Capitale Timbo. 

Le Fouta Diallo (t) (ou Fouta Soussou), comprend dix dioualcs ou provinces 
dont les chefs sont nommés pour deux ans par T Almamy rentrant en fonctions. 

mou au: de timbo, dirigé par l'almamy. a pour capitale Timbo ^Q 000 

inOUALi: DE LABK, capitale Labé, comprend les sous provinces suivantes : 

/du Gabou proprement dit, capitale \ 
[ Bashy. 

Ile Foréah, capitale Countabany. 
LcKADK.aveclespaysJie Pâquise, capitale Kankelefj. ( 200.000 
(chef : mq^i-Yaya) \ \q ^fana. 

le Bauvé Lemayo, avec les missidés 

de Bouli, Médina, Dara et Nabassi. / 
le Eadé ou Eokoli, capilale Xadé. / 

(1) Les Foulahs appellent leur pays Fouta Diallo; quelques peuples 
voisins et en particulier les Mandingues semblent prononcer Fouta- Diallon. 
En Europe les cartes portent : Fouta DJallorif mais cette expression n'a pas 
dv sens. 

Fouta Diallo vient de Fouta-Diallo-Nké (Fouta des hommes de Diallo). La 
finale Nké veut dire Homme de; on retrouve cette terminaison dans : Soni- 
Xké, Mali-Nké (Mandingues), Diallo-Nké (Soussous), Ka.sso-Nké, etc. 



DIOUALE DE 



DIOUALE DE 



DIOUALE DE 



DIOUALE DE 



DIOUALE DE 
DIOUALE DE 
DIOUALE DE 
DIOUALE DE 



— 38 — 

Le TANGUÉ MALHI. 

•n-rv*.-..^ , (de Binani de Kembera 

Le BINAM avec les payai , •»• • j o «z 

• -^ (^dc Bmani de Sanguié. 

.Le BAUYÉ GUÉMÉ, avec les missidés de Guémé, Mborou, 
Bouléré, Oréhoussou. 
Le BAUVÉ COMPÉTA, capitale Compéta. 
Le DIARY. 

Le LABË, avec le pays de Lélouma. 
TIMBI TOUMI, capitale Timbi Toumi, avec les missidés de 

Bambaya , Consotomi , Monoma , Ouaréa » 
Koassi, Pcllal, Pita, Sintali, Bourkadjé* 

Bonroadjé) etc 

TIMBI MADINA, capitale Timbi Madina, avec les missidés de 
. . Madioa-Tokocéré, Nignellacdé, Téliko, San- 

tou, Eourakonntoa, Ndenda. 
Le pays du KÉBOU dépend de Madina, capitale MalaU 

konta 

FOUGOUMBA, capitale Fongoumba, avec les missidés de Dia- 

guissa, Bonlivel, etc. 
Le pays d'AKOUMÉ-MADJI dépend de Fongoumba. . . . 
EOLLADÉ» capitale Eankalabé, avec les missidés de Se- 

foaré, Mombeya, Bodjé, Balibokho, Djiaou- 
lekho, missidé Kali, Silaya, Paravi, etc. . *. 

MASHT, capitale Groungga 

BOROUAL TAPÉ, capitale Boronal Tapé 

KOYN, capitale Koïadantaré 

BAYLO, capitale Tigué 



40.000 



45.000 



40. OCX) 



50.000 
30.000 
20.000 
50.000 
40.000 



f r *•. .T 




— 39 — 



ANALYSE DES EAUX THERMALES 

SES EirnSONS SE ZADË 



Source Mollîen, 56 



o 



Uu litre soumis à rébullition a dégagé 32 ce. de mélanges gazeux : gaz 
carbonique, oxygène et azote en très petite quantité. 

Au point de vue des résidus, le litre a donné 2 décigrammes de matières 
minérales : silices, magnésie, sels alcalins, matières organiques, etc. 

La liqueur filtrée est neutre et renferme de la chaux et de la magnésie 
à Tétat de sel soluble. 

Le précipité dissous dans Tacide chlorhydrique et reprécipité dans Tam- 
moniaque a donné lieu à un dégagement suffisant d*acide carbonique pour 
tenir le carbonate de chaux en suspension. 

Sulfate de chaux 6 centigr. par litre. 

Carbonate de fer traces. 

Hydrogène sulfuré à doser. 

Acide humique traces. 

En résumé, cette eau peut être classée parmi les eaux douces ou po- 
tables. 
A la source, elle a un petit arrière-goût quelque peu âpre. 
La deuxième source thermale a une température de 32* et la troisième 
de 45®. Leur composition est à peu près celle de la première, cependant 
la seconde est plus Âpre au goût. 
Leur distance de Kadé est vers l'ouest-nord-ouest : 

1" Source Mol lien, de 6 k. 450 m. 
2« — Bonnard, de 8 k. 100 m. 
3e — Hecquart, do 8 k. 500 m. 
Le rio Grande, de 9 k. 900 m. 



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FAKIS. — JMP. ClUIOfS SCnUlEOCR, S57, ULT SAISIT aoXOftl. 







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SE - FOUTA DIALLO — SIERRA LEONE 



Les cotoi 
de rivièr'?* Carabane, venaot de Saial- 
et étroite, e 

bouchures ailleurs du Sénégal et uae 
ToD appclUlic) dans la rivière. 
VC8 sont nia_ _ _, ,^^,^- 
du iittoralPRTUGAISE 
blcmeni du^»000 habitants. 

qu'au Foutent dès le xvr* siècle oj 
montagnes .t ion du 20 juillet «887 avec 
mètres. rtugai^sc a ses frontières et 

Les peup. 
l'intérieur, ^ploirs principaux : Bissao, 
ubah. 

quts. les Mandingucs. les 
ubttcat la Guinée portu- 

Les expia 
Casamancc cercles et en présides. 

Molllen (Hlanchard et Cic), aii- 
let 1816), pîlugaises sont établies dans 
lîoudou, la 
Bissao. te francs. 

Héné Cl en 18'.)l-02; dépenses : 
coninic mou! 

•du^c), Gagient visitée par les vapeurs 
Tanger. 

Heoq^naiaes que ceux de la Ca>a- 
Bondou. 

LamberVs à trois compagnies est 
Compôta, T< vapeurs arn)é<t en guerre 

Zwelfel centre les rivières, 
aux sounes u . ^,-* . ,-_ 

Olivier ?ANÇAISE 
Boubah, LaJUa-Diallo 

Gold8buiO^'»0^^» habitants 

Laglais^iQue sous le nom de Ili- 
Firdou, Bavière le Fouta-Diallo, plac<' 

Bayol Çince par le traite de 1881 
goumba, Tit|é pir celui de 1888 (m's- 

Gaborial 
Léla« Tinabdiale Konakry, est divisée 

BonnarAoff.i, Dut;réka (place a«i 

Lenoir — jinnoréa). Les comptoirs 

Galibertjîipken' Fraace ville. Kan- 
Grande. Jo, Victoria, Gucmeyré. 

BrosselfliérA, Bramaya 

Olivier | Sierra Lûone des j^ostos 
Gnémé. ConiOualia. Ojo?sou, Faran- 

Plat - M 

AudéOUClhOe sont : les Teudas, les 

Levassetis, les Laudoumanii. les 

Hochet -Jcs lloubbous. Les Fou- 

Paroissfit.. 






(18'J1). 



Maisons françaises : la Compagnie française de 
l'Afrique occidentale, la Compagnie Blanchard, la 
Compagnie Fiers-Exportation, li maison Esquiriou, 
la Compagnie du Soudan français. 

Les maisons étrançAres tendent à disparaître de 
certaines rivières : Fisher et RandoU ; Pickering et 
Berlhoud; Patterson et Zochoonis ; la Compagnie de 
Sierra Leone; Colin et Cie. 

Les [)rincipaux produits sont : le caoutchouc, les 
amandes de j)aîmc, le riz, le caté (Bambaya), la sé- 
same, la gomme, les arachides, etc. 

Recettes : 600,000 francs. 

Les tirailleurs sénégalais et soucbioais sont char- 
gés de la sûreté du territoire. Dans chaque cercle, 
des miliciens et des laptots font la police des routes 
commerciales 

Trois compaî]fni)s françaises et de^x étrangères 
assurent les commun iciit ions maritimes delà Guinée 
avec le Sénégal et TEurope. 

FOUTA DIALLO 

Région montagneuse occupé 3 par les Foulahs et 
ulacée dans la zone française. Deux familles, les 
Souria et les Alphaya, occupent à tour de rôle le 
pouvoir pendant deux années. 

Capitale : Timbo ; villes principales : Fougoumba, 
ville sainte, Labé, Timbi, Kahcl, Kolladé, Kadé, 
Toubah, etc. 

Les Mandiopues, les Tyapis ou Landoumans, et 
les Soussous, habitant le Foula, dépend-?nt des Fou- 
lahs ; la po[»uIation c^i d'environ .j'4.*»,^>00 individus. 

Le Foula-Diallo est divisé en 10 provinces ou 
diouales : Labé, Timbo, Timbi-Toumi, Timbi-Ma- 
dina, Mashi, Fougoumba, Baylo, Boroual Tapais, 
Koyn, Kolladé. 

SIERRA LEONE 

60,000 kmq. — (>00,0U0 habitants 

Découverte par les Portugais, U baie <lo Freetown 
fut occupée par les Anglais à la fin du siècle der- 
nier. 

Capitale : Freetown ou Sierra Leone, place de 
guerre. 

Peuples j)rincipaux: les Soussous, les Mandingucs, 
les Limba, les Ti menés, les Mampa, etc. 

Recettes : 2 millions de franc». 

Commen'.e : 21 millions de francs. 

La Frontière-police et le régiment des Indes assu- 
rent la Irantpiillité la plus parfaite dans cette colonie. 

Cl. Madrolle. 
(déc. 93). 




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or before (hc dale last slamped betow 



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